Podcast 1 : La vaccination, un bouclier contre les cancers : le cas du papillomavirus (HPV)
Cycle "Vaccination : la prévention à tout âge"
Le virus du papillomavirus humain (HPV) : quelles sont ses conséquences et comment se protéger ?
Un podcast de la série Vaccination : la prévention à tout âge.
Saviez-vous que 8 femmes sur 10 seront exposées au papillomavirus (HPV) au cours de leur vie ? Dans la majorité des cas, l’organisme élimine naturellement le virus. Mais parfois, l’infection persiste et peut évoluer, des années plus tard, vers un cancer. Comment s’en prémunir ? Quels sont les gestes et traitements qui font la différence ?
Dans cet épisode, le Dr Marina Carrère d’Encausse échange avec le Pr Richard Villet, chirurgien viscéral, gynécologue et membre de l’Académie nationale de médecine, et le Dr Olivier Jourdain, chirurgien gynécologue et spécialiste des cancers gynécologiques, pour faire le point sur les moyens de prévention et répondre à toutes vos questions.
Un virus discret, mais loin d’être anodin
« Le HPV, c’est une affaire de femmes. » Une idée reçue tenace, mais fausse : hommes et femmes sont tout autant concernés par ce virus et les pathologies qu’il peut engendrer. Transmis par simple contact des muqueuses, notamment lors des rapports sexuels, le HPV se propage silencieusement, et peut, lorsqu’il persiste, dégénérer en cancers du col de l’utérus, de la gorge ou de l’anus. À l’origine de plus de 4,5 % des cancers dans le monde, il constitue aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique.
Vaccination et dépistage : deux leviers pour agir
Frottis, vaccination… par où commencer pour agir avant que le virus ne devienne menaçant ? Le Pr Villet et le Dr Jourdain détaillent l’intérêt de vacciner les enfants entre 11 et 15 ans, en complément chez la femme adulte d’un dépistage régulier. Ils s’appuient sur les exemples suédois et australien : dans ces pays, une politique vaccinale forte a déjà porté ses fruits avec une baisse très significative des cancers du col de l’uterus. La preuve, chiffres à l’appui, que la vaccination reste l’arme la plus efficace contre les cancers liés au HPV.
Intervenants :
Dr Marina CARRÈRE D’ENCAUSSE
Médecin, animatrice de télévision, chroniqueuse radio et membre de l’Académie nationale de médecine
Pr Richard VILLET
Membre de l’Académie nationale de médecine, chirurgien viscéral et gynécologique, ancien chef de service au Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon service spécialisé dans les cancers gynécologiques, notamment du col de l’utérus. Secrétaire général honoraire de la Fondation de l’Académie de Médecine
Dr Olivier JOURDAIN
Chirurgien gynécologue, spécialiste des cancers gynécologiques
À RETENIR :
- Le papillomavirus humain (HPV) infecte 85 à 90 % des femmes. Il se transmet lors des rapports sexuels, par contact avec les muqueuses, et est éliminé spontanément par l’organisme dans 90 % des cas. Cette infection concerne aussi bien les femmes que les hommes. Lorsqu’elle persiste, ce qui survient dans environ 10 % des situations, elle peut entraîner l’apparition de lésions précancéreuses et, à terme, de plusieurs types de cancers, notamment du col de l’utérus, de l’anus ou de la gorge.
- Deux moyens complémentaires existent pour lutter contre ce virus : le dépistage, passant notamment par des frottis réguliers chez la femme et la vaccination, pour tous. Il est important de noter que les moyens de contraception existants ne protègent en aucun cas contre les infections virales, dont l’HPV fait partie.
- La protection la plus efficace réside dans la vaccination. Ce bouclier protège contre les différentes souches du virus, y compris les souches oncogènes, responsables du développement des différents types de cancers.
- En France, la vaccination est recommandée pour les enfants entre 11 et 15 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans.
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